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Il y a quelques années, quand j'avais le plaisir de faire de la radio, je préparais chaque semaine un billet d'humeur. Comme mon humeur était souvent mauvaise mais pour rire, j'avais baptisé cette séquence la "Chronique néphrétique". La voici donc ressuscitée, avant tout pour ma plus grande satisfaction mais si ça peut intéresser quelqu'un d'autre c'est tant mieux. J'essaierai de tenir un rythme mensuel et même d'agrémenter de temps à autre ma prose d'une photo, histoire de lui donner un alibi sans lequel elle n'aurait rien à faire ici. Ceci dit, entre l'intention et son accomplissement, il apparaît parfois un décalage. On verra bien.
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Retour vers le futur |
- | 01 novembre 2003 |
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Quarante ans après, la fascination reste intacte : pour la première fois de son histoire, la Chine a envoyé un homme dans l'espace.
Evidemment, bien des voix chagrines peuvent s'élever. On ne peut oublier que la Chine est aujourd'hui le plus grand goulag du monde et le premier pourvoyeur de condamnés à mort. Ni que ces 21 heures passées en orbite autour de la Terre étaient avant tout le résultat d'un jeu politique, de l'affirmation d'une puissance. Ni que, en 2003, la performance sent un peu le réchauffé, à tel point que le monde a déjà oublié Yang Liwei, pionnier du cosmos asiatique.
Mais quelle différence avec les aventures d'antan ? La course au premier homme dans l'espace était aussi affaire de prestige entre deux pays pour l'un pas vraiment démocratique et pour l'autre, aujourd'hui encore, deuxième pourvoyeur de ces mêmes condamnés à mort. Et pourtant, un souffle d'aventure dont notre époque manque cruellement habitait ces hommes qui s'embarquaient dans des engins dont la fiabilité était tout sauf démontrée pour un inconnu à mi-chemin entre le rêve et l'épouvante.
Le premier spationaute chinois est bel et bien le digne successeur de ces illustres pionniers. Pour monter dans le Vaisseau Divin qui devait l'emmener dans les cieux sans trop savoir si ce serait au propre ou au figuré il fallait avoir, comme alors, l'étoffe des héros. Ce que Yang Liwei a ressenti à cet instant, indépendamment du contexte politique qui l'entourait, ne devait pas être très différent des sensations de ses collègues d'antan. L'espace reste, au XXIe siècle, une des dernières grandes aventures humaines.
Vu d'ici, de cette Europe trop rationnelle pour s'être lancée dans la coûteuse entreprise du vol habité, on ne peut s'empêcher de ressentir une certaine envie. Nos fusées si avancées, si fiables, font pâle figure aux côtés de cette machine d'aventuriers mise au point par l'Empire du Milieu. Et lorsque ce même empire parle de reconquérir la Lune, pour moi qui fait partie de cette génération née trop tard pour avoir vécu les premiers pas, les portes du rêve s'ouvrent soudain en grand.
Qui aurait cru que la clé se trouvait en Chine ?
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